Le traumatisme est parfois un événement partagé comme dans le cas des récents attentats. Il est parfois un événement vécu seul. Toujours il laisse dans la solitude quiconque l'a vécu. C'est une épreuve à traverser.

Ainsi donc, le sujet en reste éprouvé. Des images inintegrables, des mots désinserés d'une parole continuent à surgir à tout moment . Ces images et ces mots impactent sur un mode intempestif l'édifice psychique et ce faisant, ils mettent à terre le mécanisme de l'oubli qui pourtant après l'événement permettait au sujet de continuer à vivre.

Dans la nuit se produit ,au lieu du rêve réparateur, le cauchemar caractérisé par le retour de l'événement. Cela maintient le dormeur dans l'impuissance déjà éprouvée pendant l'événement lui-même. Le sommeil est craint comme un lieu hostile où le repos ne peut plus être trouvé.En effet, le rendez vous avec des images d'horreur que l'esprit se refuse à admettre guette le dormeur potentiel qui dès lors fuit le sommeil.

C'est aussi dans la journée une parole entendue dans le temps du choc qui revient..comme des blocs inintegrables au cours logique de la parole et qui même parfois ne concernant pas la personne elle meme, l'introduisent à l'horreur de la perte par exemple tel que cette parole "defenestré" qui , entendue par un sujet singulier pourrait s'avérer percutante et perturbante, même si elle ne concerne pas sa propre intégrité physique.

Le sujet victime de ces traumas est donc envahi et se trouve démuni pour répondre à ces manifestations irruptives. Il est important qu'il trouve à dire dans une relation privilégiée tous ces éprouvés fussent-ils très parcellaires et opaques.

Dès 1920, Sigmund Freud dans "Au delà du principe du plaisir" découvrait chez les traumatisés de guerre ce retour de l'événement traumatisant et cela modifiait toute sa théorie du rêve comme "accomplissement de desir" et du fonctionnement de l'appareil psychique selon le "principe du plaisir". Il nommait le retour des événements ou des représentations désagréables "automatisme de répétition". Cette référence est toujours d'actualité en psychanalyse.

Cette expérience de dire, de traduction, dans les séances d'analyse rapproche le traumatisé d'un autre trauma chez lui plus ancien et où la parole réalisait le premier "trou-matisme " pour reprendre l'expression de Jacques Lacan. Celui du sujet qui ne trouve pas dans la langue de raison au désir de l'autre le concernant.

Et c'est peut être cela qui sera aussi trouvé dans ce champ de la parole qu'il aura travaillé en se faisant analysant.