Albert Camus est un homme qui a connu la misère puisque son père mort au combat l’a laissé à la seule charge de sa mère lorsqu’il était enfant en Algérie et c’est grâce à la rencontre avec son instituteur, un homme résolu, qu’il pourra faire des études secondaires et ensuite devenir l’un des plus prestigieux écrivains français. Il rendra hommage d’ailleurs à cet instituteur, Louis Germain, lorsqu’il recevra le prix Nobel de littérature en 1957.

Il y a donc parler et parler. Aller consulter un psychanalyste c’est avoir un rendez vous avec la parole. Cette parole varie, elle a diverses formes : langue orale, rêves, actes manqués, symptômes. Elle est opaque, tissée de multiples liens et elle est vivante, elle se produit de séance en séance d’une façon singulière.

C’est tout cela qui permet qu’un réel désir de vivre s’enclenche - au sens qu’évoquait ci-dessus Albert Camus- désir de vivre producteur à son tour d’une variété de possibles. Oui en analyse il s’agit de parler, mais ce n’est pas un discours courant, c’est un discours qui se rapproche de la poésie car il se fragmente, invente de nouvelles formes, et l’on s’étonne d’y trouver des sens inouïs c'est-à-dire à la fois étonnants et jamais entendus.

C’est cela qui permet de lutter contre le retour de ce qui revient et ne cesse de revenir. Ce sont ces dé-nouements de parole qui permettent à certains symptômes dès lors inutiles de disparaitre. Seulement à ce moment là où une autre parole produite singulièrement surgit avec les conséquences de vie qui accompagnent ce surgissement.